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Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! »
par Boubacar Sankaré via A.C
Publie le jeudi 26 juillet 2012 par Boubacar Sankaré via A.C - Open-Publishing10 commentaires

Il y a 59 ans que Fidel Castro, alors commandant des troupes rebelles de Cuba et ses compagnons guérilleros, attaquaient le plus célèbre camp militaire de Cuba, Moncada, situé dans la partie orientale du pays, à Santiago. Objectif de l’opération : anéantir le pouvoir dictatorial et sanguinaire qui régnait à l’époque, sur l’île. L’assaut qui s’était soldé par un échec aura tout de même marqué le début de la fin d’une des dictatures les plus sanguinaires en Amérique.
Rétrospective sur un événement majeur dans l’histoire de Cuba.
Dans la nuit d’un certain 12 Mars 1952, Filgencio Batista appuyé par les USA réalisait un coup d’Eta à Cuba. Quelques heures après les faits, Fidel Castro jeune avocat, dénonçait le chaos qui devrait en suivre. Par conséquent, il invitait le peuple cubain à la lutte contre le nouveau régime.
Fidel a ainsi, réuni autour de lui, un groupe de jeunes avec lesquels, il est resté plusieurs mois dans l’expectative, prêt à collaborer avec toute organisation décidée à lutter pour le renversement du laquais américain, Batista.
La tactique du jeune avocat consistait à utiliser les formes les plus diverses de la lutte tout en donnant le rôle fondamental à l’insurrection populaire. Mais, il fallait donner l’exemple de l’audace, de la témérité et surtout de patriotisme. C’est ainsi que, le 26 Juillet 1953, El « commandante en jefe » en compagnie de ses camarades de lutte décidait d’attaquer l’une des plus célèbres casernes militaires de Cuba, « El Cuartel Moncada ».
Avant l’assaut, il s’adressa à ses « companeros », en ces termes : « Camarades : dans quelques heures, vous pourriez être vainqueurs ou vaincus, mais de toute façon, écoutez-moi bien camarades, le mouvement triomphera… Dans le cas contraire, notre geste servira d’exemple au peuple de Cuba pour reprendre le flambeau et aller de l’avant ».
Ainsi, dans la nuit du 26 juillet 1953, l’attaque du camp militaire est effectuée avec une poignée d’hommes qui accompagnaient le commandant Castro.
La bataille a été meurtrière et la tentative de prise du camp militaire, fut un échec. Fidel et ses hommes, ou plutôt ceux qui en restaient, replièrent alors vers les montagnes.
Quelques jours après, le commandant Fidel Castro et plusieurs camarades étaient arrêtés et faits prisonniers par le régime de Fulgencio Batista, le dictateur au service du puissant voisin, les Etats-Unis et qui bradait toutes les industries à leur profit. Au détriment de son peuple, en proie à la misère, au chômage, à l’esclavage et au racisme.
Quelques mois plus tard, le régime tyran de Batista faisait comparaître Fidèl Castro à la barre pour « complot contre la nation ».
Avocat de profession, le commandant Fidel Castro assure sa propre défense dans une célèbre et émouvante plaidoirie connue universellement sous le titre de « l’Histoire m’acquittera ». Fidel Castro accusé, est devenu l’accusateur.
Le problème de la terre, comme la santé, l’éducation, l’habitat, l’emploi, était entre autres les maux qui rongeaient la société cubaine de l’époque et auxquels Castro et ses guérilleros espéraient apporter des solutions en renversant le régime du dictateur au service de l’étranger.
Fidel termina se plaidoirie en plaidant coupable car, disait-il : « Je ne veux pas être libre pendant que mes compagnons croupissent en prison… Je ne veux pas être libre dans un pays où il y a comme dirigeants des voleurs et des assassins. Condamnez-moi ! Peu importe ! L’Histoire m’acquittera ».
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Ainsi fut-il. Le tribunal cyniquement fantaisiste, condamna Fidel Castro à 26 ans de prison… pour avoir attaqué l’armée un 26 du mois de juillet 1953.
Trois ans après, Fidel Castro sortit de prison, à la faveur de la pression des rebelles et du peuple cubain. Il s’exila alors au Mexique où il rencontra le célèbre Ernesto Che Guevara, un médecin d’origine argentine.
Les deux hommes devinrent amis, liés par le même idéal de combattre l’impérialisme américain « donde quiera que séa » (où qu’il soit).
La résistance cubaine est de nouveau réorganisée.
En 1956, c’est l’embarquement des guérilleros (Fidel, Che Guevara, Raoul et bien d’autres) à bord d’un bateau dénommé Granma (c’est le nom que porte actuellement le quotidien national cubain) à destination de Cuba.
Ils étaient au nombre de 82 hommes pour lutter contre toute une armée.
Avant d’atteindre les côtes cubaines, ils furent mitraillés.
Seuls 12, parmi lesquels Fidel, son frère Raoul Castro et Ernesto Che Guevara ont survécu.
Le petit groupe d’installa dans les montagnes de la Sierra Maestra avant d’engager la bataille finale, victorieuse, contre les supports de l’impérialisme USA.
Une nouvelle page de l’histoire de Cuba et du Tiers Monde commençait à s’écrire…
Boubacar Sankaré
— (fin de citation A.C)
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Pour tous ceux qui , ici , sont à jamais frères de combat de FIDEL etdes Cubains, au delà d’analyses divergentes, de critiques souvent justifiées sur des dérives bureaucratiques, avec notre Salut REVOLUTIONNAIRE
CUBA SI !
FIDEL AMIGO,
B.C .esta contigo !
Messages
1. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 26 juillet 2012, 17:05, par A.C
Juste un bémol pour la vérité historique
En fait, l’administration US pensait que Fidel, serait le parfait petit bourge pouvant remplacer un Batista pourri jusqu’à l’os., et ainsi assurer une relève sans conséquences pour les capitalistes de la United FRUIt ou les copains mafieux -maquereaux des tripots de Cuba !
Comme par ailleurs , comme chaque fois qu’un mouvement a échappé à un contrôle"du PARTI" , le PCC -pourtant actif parmila population urbaine , notamment à Santiago, n’était pas énamouré de ces"barbus" atypiques..., tout cela aida -plus que la pression des masses, soyons clairs- à une libération anticipée de Fidel..
Il y a du avoir , ensuite, côté CIA et autres conseillers du patron de l’impérialisme, des explications orageuses.!
:)).
Car,, si le Capitalisme avait pu prévoir la suite du 26 Juillet, Castro , comme Lumumba et autres Allende, n’aurait jamais atteint l’âge qui est le sien..
:)
A.C
2. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 27 juillet 2012, 23:09, par AL
Je veux juste porter une précision sur le parti communiste Cubain, il a été crée en 1925 par Antonio Mella et Carlos Baligno mais c’était une petite minorité, Mella fut assassiné à Mexico justement à cause de ses idées communiste pour Baligno je ne suis pas actuellement en mesure de vous dire ce qui lui est arrivé,je veux aussi ajouter que Raoul Castro appartenait aux jeunesses comunistes puis au parti communiste au début de la révolution mais pas Fidel encore, il faut savoir que les communistes étaient très persécutés a Cuba parce que le parti n’était pas légalisé.J’espère avoir apporté un peu de clarté dans vos propos,et je suis sûr de ce que j’avance parce que ça me vient de ma femme qui est Cubaine ety qui était secrétaire de cellule a Cuba avant qu’on se soi mariés.Alfred.
3. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 28 juillet 2012, 10:14, par Luis
Les révolutionnaires cubains ont agir malgré les communistes patentés, stalinisés...
comme ailleurs.
Mais c’est le passé. La révolution socialiste a eu lieu, a du affronter encore une fois un isolement qui ne fut pas moindre que celui de la révo russe.
Dans le cas cubain, la bureaucratie étouffe la révolution, mais tout n’est pas encore perdu :
Réforme profonde mise en cause...
http://alencontre.org/ameriques/amelat/cuba/cuba-un-transfert-laborieux-demplois.html
1. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 28 juillet 2012, 12:43, par A.C
@Luis Et AL
Camarades, méfions nous de nos certitudes, voire-je pense à AL- à ce qui nous est rapporté par tel ou tel cubain communiste d’aujourd’hui.
.
L’Histoire est complexe et cette REVOLUTION nécessite, selon moi, de sortir de certains clichés qui ont pu "coller" quant à lafaçon dont a été globalement analysé par les uns et les autres l’histoire des liens entre les Partis dits "communistes" (en gros, copies parfois grossières du modéle soviétique-) et "masses"
Non, Cher AL, le PCC devenu PSP puis plus tard fusionnant avec le MP26 , ce n’est pas si simple de le présenter comme le mouvement populaire de CLASSE , fer de lance contre Batista
Je vous renvoie à la façon dont il décida de participer entre 40 et 44 au gouvernement de Batista, par exemple et , à la façon dont -devenucertes lacible des forces "fascistes"appuyée par l’Impérialisme,- il concevait ses rapports avec Fidel..
Moncada fut qualifié" d’expédition aventuriste" par le PSC..
Or c’est cette commémoration qui justifie mon article
Reconnaissons que cette divisions des forces anti-Batista ne pouvait que se nourrir de quelques curieuses interprétations du Marxisme et du rôle de la classe ouvrière..par les plus marxistes-léninistes des militants "castristes" !
N’est ce point GUEVARA qui"nous " donne une curieuse définition de la lutte des classes dans son texte de 1960 intitulé"Guerra de Guerillas"
Analysant ce qu’un intervenant a cru bon de m’opposer, à savoir le rôle décisif de la classe ouvrière, -en tronquant mon propos qui visait le PSP, relisons tranquillement ce que le CHE "balance" , concernant la façon dont les forces de " résistance urbaine" et ses diverses composantes-dont le PSP- luttent, et selon moi objectivement, facilite ô combien la montée de FIDEL vers la Havane !!
Mon admiration quasi "religieuse" pour le CHE ne m’interdit pas de livrer cette analyse un brin superficielle et qui reflète l’ambiance confuse en 58-59...
Le CHE est loin de Marx et de la lutte DES CLASSES comme moteur de l’Histoire et certainement pas du tout un perroquet de l’I.C et de Kroutchev quand il décrit les "couches" d’opposants ainsi, parlant d’une divergence entre"plaine" et "montagne"
On comprend dès lors comment notre CHE règle la question de l’échec relatif de la GREVE : dans ses " Notes pour l’étude de l’idéologie de la révolution cubaine :"
Rappelons aussi, -ce n’est pas insulter la REVOLUTION- que FIDEL tint -tactique simplement- à rassurer le Capital..
Allant même jusqu’ à dire à NIXON en avril 1959..
Comme quoi, tout n’est ni blanc, ni noir..
C’est pourquoi, je reviendrai pour contester l’expression "bureaucratique"qui ne rend absolument pas compte de ce qu’est l’expérience originale cubaine, de mon vécu, de mes dernières infos..
UN parti "bureaucratique"..avec sa cohorte de méthodes (lien Parti-ETAT -administration , voire"corruptions" etc) , certainement !
Mais une REVOLUTION CUBAINE, en 2012, sous la férule bureaucratique, non et non..
Nous en reparlons plus tard
Cordialemnt
A.C
2. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 28 juillet 2012, 17:39, par Luis
@ AC
je ne comprends pas l’amalgame "Luis et AL".
Je connais trop bien et n’ai jamais parlé de révolution "bureaucratique". Au contraire de révolution socialiste, puis de "bureaucratie", incarnée comme tu le signales dans le fonctionnement du parti.
Les paramètres de cette bureaucratisation progressive sont nombreux : isolement de la révolution, malgré tous les efforts consentis par la révolution (pas seulement le Che), d’où dépendance de l’URSS, peut-être aussi tradition latino-américaine caudilliste. Elle a aussi une histoire. Et un présent, donc rend indirectement mais un peu compte l’article signalé.
3. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 28 juillet 2012, 19:49, par A.C
Je n’entendais pas amalgamer et donc je te présente mes excuses.
Je pensais avoir le temps de répondre à vous deux sur des points différents : la question du PCC et de ce que prétendait ALd’une part, et ton commentaire suivant, de l’autre :
Si ta réflexion se veut effectivement une précision sur ce que tu entends par"bureaucratie", je ne crois pas que celle ci a pu" étouffer" la Révolution.
Deux opinions donc.
Une , qui donne une idée certainement un peu trop "idyllique" de la démocratie dans l’Ile au niveau des institutions..
Ceci précisé, je crois que, pour nos lecteurs il n’est pas inutile de rappeler ce que d’original il existe à Cuba, en tant que lien entre "le PARTI" et la "démocratie "disons "participative" (sans pour autant parler le "ségolénien ". ;)
On est loin de la façon dont les P.C ont réglé la question du "parti-Guide" qui aurait cependant permis une "démocratie poussée jusqu’au bout"
Voire ce que j’ai défendu en son temps (22°congrès du PC-fév 76) comme relevant d’un "socialisme aux couleurs de laFrance"
que nous rappelle cet extrait ?
plus loin :
Pour équilibrer mon commentaire, un autre texte...
Je pense que tu partageras un certain nombres de propos de Guillermo Almeyra
– politologue, professeur à la Universidad Autónoma Metropolitana de México) que mes amis de u Collectif POLEX rapportent ici :
(je mets en italique ce sur quoi nous sommes certainement d’accord)
http://www.collectif-communiste-polex.org/cuba/cuba_bureaucratie.htm
voili.
.pour le débat..
Cordialement
A.C
4. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 29 juillet 2012, 12:21, par Luis
Bien vu.
1. Pas d’amalgame régime stalinien et bureaucratie cubaine.
2. Je partage en gros l’analyse de Guilermo.
Une précision toutefois : il a tord de racourcir et racornir l’analyse dans la dernière phrase, qui se veut un résumé. La bureaucratie n’est pas « la prinicpale force contre-révolutionnaire ». De même ma formule « la bureaucratie étouffe la révolution » n’est pas heureuse. C’est l’isolement, autrement dit l’agression impérialiste permanente qui étouffe la révolution. La bureaucratie est la conséquence de cette situation.
L’implication est immense pour tous les progressistes : la meilleure façon de défendre la révolution, et donc la démocratie à Cuba, c’est l’extension de la révolution socialiste, à commencer par l’Amérique Latine.
5. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 29 juillet 2012, 13:07, par A.C
Je pense qu’on est "globalement" d’accord.
6. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 30 juillet 2012, 11:32, par cop
Je pense qu’il y a les deux éléments.
Les conditions matérielles de ces dernières dizaines d’années ont été l’obstacle essentiel au pouvoir démocratique des travailleurs.
L’essentiel de ces conditions a été créé par l’impérialisme qui avant n’a pas développé Cuba, sauf à en faire un bar à putes, et après la révolution, a mis Cuba sous menace permanente et imposé un blocus économique.
Les révolutionnaires à Cuba n’ont jamais été dupes ni sur les ex-pays de l’est ni sur l’espérance de l’extension pour écarter la menace de l’impérialisme ( créer 1, 2, 3 de nombreux vietnams !), particulierement en Amérique Latine, le Che en est mort.
Ils connaissaient parfaitement les dangers de l’émergence d’une couche sociale bureaucratique. Et les connaissances liées.
N’empêche on est là face à un processus historique qui a été inexorable malgré les dangers identifiés et la volonté de lutter contre et il manquait peut-être une série de clés, mais nul n’est à la place des autres pour penser faire mieux.
Les processus qui limitent les libertés individuelles et collectives des travailleurs sont sans pitié sur long terme pour le socialisme.
Ce sont des processus qui aident à l’ascension d’une couche sociale parasitaire qui finit et finira par estimer que le capitalisme au moins c’est plus clair pour eux et donne un statut légal à leurs rapines.
Au passage on s’aperçoit que la propriété d’état des terres n’empêche pas la pénétration rampante du capitalisme, des méthodes de commandement du capitalisme adoptées par la bureaucratie sur la classe des travailleurs.
La propriété collective prise entre les mains d’une bureaucratie n’est plus alors qu’un fruit mur au service des appétits.
4. Cuba, 26 Juillet 1953 – 26 Juillet 2012 : « L’Histoire m’acquittera ! » , 30 juillet 2012, 13:15, par Luis
La responsabilité de tout militant réellement de gauche, c’est non seulement de défendre inconditionnellement la révolution cubaine contre l’impérialisme, mais c’est aussi d’apprendre de ses limites et contradictions.
Ici, en français, de bons aricles de réflexion, y compris une analyse de Celia Hart, fille de deux diriigeants éminents :
http://orta.dynalias.org/inprecor/recherche-article-ayant-sujet?nom=Cuba