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Nous sommes quelques uns à considérer qu’un texte donné à lire appartient à celui qui le lit…
C’est pourquoi, je reçois presque chaque jour, textes, poèmes, pamphlets et autres courts billets d’humeur. Ils sont de Jacques (J.B.), de Bénito, d’André qui à plus de quatre-vingt ans a décidé d’écrire des petits textes et anecdotes sur son passé ou des plaisanteries d’autrefois ; et puis quand les problèmes du moment, les politiques, me fatiguent je retrouve quelques instants de fraicheur en écrivant ce qui me passe par la tête, et puis il y en a aussi toute une pléiade qui serait trop longue à énumérer.
Alors, j’ai décidé de faire partager dans un espace de libre expression cette façon souvent courte et ponctuelle de s’exprimer, on va donner à lire, à partager, et ceux qui seront tenter, donneront aussi à lire, et ainsi de suite…
Tiens, pour commencer, une sorte de poème ininterrompu de Bénito Pasanau
Al reves (A l’envers)
Siècle fou
Monde imbécile
Tout est monté de travers
On s’accroche
On accumule
On est tous
Beaucoup trop fiers
Toujours plus
Ecraser l’autre
Ignorer.
Les sentiments
Accuser
Sans avoir honte
Dénoncer
Faire semblant
La télé
Qui déraisonne
Qui nous ment
Effrontément
Qui confisque
La parole
Et qui joue
Avec l’argent
Un avenir
Qu’on imagine tout différent
Un rêve fou
Un avenir
L’envie de vivre
De rattraper
Ce temps perdu
Le monde marche
Sur la tête
Pleurent les mots
De la chanson
On met le feu
A la planète
Des innocents
Sont en prison
Partout le calme
Ou le vacarme
Cités ghettos
Et argent roi
Un peuple meurt
Sous la mitraille
Et les plus forts
Qui font la loi
C’est toujours
La même rengaine
Faut circuler
Y’a rien à voir
Ici se cache
La misère
Ici surgit
Le soleil noir
En longs sanglots coule la haine
La peur de l’autre et le mépris
La loi est là et l’ordre règne
La liberté est en sursis
Le pays part à la dérive
L’hypocrisie fait son chemin
Sous le soleil il fait bon vivre
Pour qui ne manque de rien
On normalise
On s’accommode
On dénature
Les valeurs
Et puis au nom
Des droits de l’homme
On pousse
A la dénonciation
Vienne le temps
Le temps des hommes
Changer les mots
De la chanson
Vienne le temps
Le temps des hommes
Chanter la vie
A l’unisson
De beaux discours
En dérobades
On se fabrique
Une opinion
Quand on ravale
La façade
C’est pour endormir
Les moutons
Plus souriant
Et présentable
Le méchant loup
Devient sympa
C’est un spectacle
Inoubliable
On se défend
A qui mieux mieux
Il nous faut
Verser une larme
Le patronat
Est malheureux
Benito 16-05-2002