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Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF
Publie le mardi 1er février 2011 par Open-Publishing9 commentaires
De Simon Tardieu
Quid du service public de l’électricité ? L’Etat est en train d’instaurer en douce une privatisation du réseau électrique et détruit EDF...
Entendu par les députés cette semaine, le patron d’EDF a piqué une colère pas très protocolaire. D’ordinaire placide, Henri Proglio a défendu bec et ongle "le patrimoine national" d’EDF face au "pillage" annoncé de la concurrence privée.

Henri Proglio n’a certes pas la réputation d’être un tendre, mais le "buldozzer" comme le surnomment ses adversaires, évite d’ordinaire de se répandre publiquement pour défendre sa conception de la politique énergétique.
"Je ne suis pas là pour brader le patrimoine national, je ne suis pas là pour accepter le pillage du patrimoine national", a lâché en guise d’introduction un Henri Proglio particulièrement remonté à l’occasion de son audition à l’Assemblée nationale sur le prix de revente de l’électricité nucléaire d’EDF.
EDF, chef de file du nucléaire national
Il faut dire que le sujet est sensible pour cet homme de réseau d’ordinaire discret, aussi proche de Nicolas Sarkozy que de son camarade de promo Dominique Strauss-Kahn. Depuis sa nomination l’an dernier, Henri Proglio n’a qu’une seule et unique obsession : faire de l’électricien public le chef de file de la filière nucléaire française.
Et tant pis pour les autres acteurs nationaux (Areva et GDF Suez en tête), réduits au rôle de simples sous-traitants lors des appels d’offre internationaux pilotés par EDF avec la bénédiction du gouvernement.
Rationalisation d’une offre unifiée française et patriotisme économique ? Ou vision anachronique et centralisée ? Défenseurs et adversaires de l’électricien public s’écharpent sur le sujet depuis des mois…
L’enjeu est de taille ! Après des années de stagnation, le nucléaire a retrouvé de l’attractivité à l’échelle internationale, et les méga-contrats poussent comme des champignons (nucléaires ?)… Pendant ce temps, la France a pris du retard dans cette compétition internationale féroce, minée par les querelles de clochers…
L’épineuse question du prix de revente du nucléaire
Si EDF a obtenu gain de cause à l’échelon international, Henri Proglio sait que la situation est plus difficile au niveau national. D’où sa grosse colère devant les députés à l’heure des négociations sur le prix de revente de l’électricité nucléaire.
La loi Nome de libéralisation des marchés de l’électricité, votée en 2010 par les députés français, prévoit en effet qu’EDF cède une part de sa production nucléaire à ses concurrents privés à un prix fixé par le législateur, afin de favoriser une diversification des offres électriques.
La réaction du patron d’EDF est plus que cinglante : "Je ne vois pas pourquoi la France serait la plus abrutie des nations du monde où on ferait cadeau du patrimoine national à des concurrents. Il n’est pas de ma responsabilité, de ma feuille de route, de faire travailler 170.000 personnes pour faire des cadeaux à des concurrents. Il n’est pas de ma responsabilité d’ouvrir le bilan au pillage, je ne l’accepterai pas".
Une colère mise en scène ? Un coup de sang qui arrive quoi qu’il en soit un peu tard… La bataille de l’ouverture des marchés et de la mise en concurrence d’EDF est d’ores et déjà perdue pour l’électricien public, et la revente à prix coutant d’une partie de sa production est actée.
La sortie d’Henri Proglio vise en réalité surtout à faire monter les enchères à l’heure des négociations avec les pouvoirs publics.
42 ou 35 euros le mégawattheure… Tel est le vrai enjeu des luttes d’influence qui agitent actuellement le secteur énergétique. Les acteurs privés plaident évidemment pour un prix de revente revu à la baisse… pendant qu’EDF dénonce le "pillage" des investissements publics.
Programmée ou non, la colère d’Henri Proglio cache un vrai malaise du côté de l’électricien public qui a la sensation que les pouvoirs publics lui demandent d’héberger des concurrents "squatteurs", bénéficiant de la production sans se mouiller dans les investissements à long terme.
Le gouvernement a jusqu’au 1er juillet pour trancher la querelle des prix de revente. Une chose est sûre dans cette affaire... Les consommateurs, qui devaient être les grands bénéficiaires de cette libéralisation, ne sont pas prêts de voir leurs factures baisser.
Messages
1. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 17:47
je le rassure le pillage a déja commencé, voir l’article ci-dessous sur la destruction des biens publics depuis plus de 20 ans :
http://2ccr.unblog.fr/2010/10/19/la-liquidation-des-biens-publics-en-france/
2. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 17:48, par kounet
Ce Proglio, il découvre qu’on brade les biens publics payés depuis longtemps par tous ? D’oû il sort, celui-là ?
Et puis, il est pro-nucléaire, ce type...Le peuple veut des énergies renouvelables, il se fout du nucléaire .
1. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 18:52
Proglio est un pantin du capital ; C’est l’UE qui démantèle les services publics. Il faut sortir de l’UE.
2. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 19:03, par Don Diego de la Vega
Quelles énergies renouvelables ? Il n’y a que la facture qui soit renouvelable dans cette énorme projection de poudre aux yeux que sont les énergies renouvelables. La facture et l’abonnement forcé, le truc qu’ils ont trouvé pour accroître le bénef, comme pour le business de l’eau où certaines mafias te font même raquer ce que tu n’as pas encore consommé en sus de ce que tu as déjà consommé, plus toutes les taxes et surtaxes et sous-taxes qui viendront grossir les comptes en banque des élus locaux (et pas élus, à savoir ces mafias de bouseux que sont les communautés de communes, qui fourguent au privé tous les services qui nous coûtent un bras, l’eau déjà citée, le ramassage des poubelles et demain, l’électricité).
Les éoliennes c’est le privé, et elles ne vont pas sans les grosses centrales de transformation thermiques hyper-polluantes. Le solaire c’est le privé aussi, et le vil prix des terrains où elles sont implantées, loués à la magouille à des bouseux au bras long, il rejaillit sur la facture de l’usager.
La seule véritable énergie renouvelable c’est l’hydro-électrique, qui ne sufit plus à couvrir les besoins. Reste le nucléaire. Qu’on soit pour ou contre, c’est idem : on n’a pas trop le choix. Ce qui craint vraiment c’est de laisser ces grosses machines sophistiquées que sont les centrales aux mains de profiteurs dont on pressent bien qu’ils lésineront sur la sécurité comme sur les personnels histoire de complaire au parasitisme actionnarial.
3. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 20:20
Pas tout à fait d’accord... Depuis que Sarkozy est là, il y a eu une terrible accélération des ventes de : 1) Stocks d’or de la France, et : 2) Biens immobiliers appartenant à l’Etat français ( demeures, chateaux, batiments, etc )... Je n’ai pas sous la main les chiffres et dates exactes... De toutes façons les très rares articles dans la Presse disparaissent vite dans le but de maintenir le peuple dans l’ignorance de ce qui se passe vraiment... Alors que c’est ce genre d’articles qui devraient à disposition des lecteurs chaque jour... Si quelqu’un sur le réseau Bella Ciao connaît les chiffres exacts, merci de les communiquer...
4. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 21:34
d’où il sort ? de chez Veolia
3. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 19:30, par Jesse
J’admire la colère de Don Diego de la Vega. Elle est tout à fait justifiée, à contre-courant de ce que l’on entend partout chez ceux qui se piquent d’être écolo et chez ceux qui ne se piquent pas. Elle en est d’autant plus admirable.Jesse
1. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 20:10, par Don Diego de la Vega
Heu... Merci ;-) !
2. Henri Proglio, service public et "pillage" d’EDF, 1er février 2011, 21:26
bien sûr que depuis que sarko est au pouvoir les biens publics sont bradés ( le ps y est aussi pour quelques choses), la prise de conscience d’un membre du capital n’est pas un mal !
ce qui est de l’écologie, c’est un autre problème...mais certainement le pain de certains privilégiés (exemple : les voitures écologiques) !!!